L’exposition Réparer les vivantes
Réparer les vivantes est un projet porté par l’association Réparons l’excision. Il s’agit d’une exposition photographique et sonore réalisée par la photographe Élodie Ratsimbazafy et la documentariste sonore Karine Le Loët. Cette exposition raconte le parcours de reconstruction de femmes victimes d’excision à travers un reportage immersif au sein de l’unité de prise en charge multidisciplinaire des femmes victimes de mutilations génitales féminines à l’hôpital de Montreuil. L’exposition est en itinérance dans plusieurs villes d’Île-de-France tout au long de l’année 2025 et s’est arrêtée temporairement au Centre Hospitalier Intercommunal André Grégoire.
L’exposition comporte une trentaine de photographies organisées en différents chapitres afin d’accompagner et d’immerger le public dans le parcours des patientes. En parallèle de l’exposition, le podcast entremêle témoignages de patientes et de professionnelles de santé. Les photos sont agrémentées de QR codes permettant d’accéder à des audios de témoignages des patientes ou de sons d’ambiance de l’hôpital.
Sensibiliser et informer les patientes de l’hôpital André Grégoire de Montreuil
Les photographies de l’exposition Réparer les vivantes sont affichées à deux endroits clés : au sein du service de consultation gynéco-obstétricale de l’hôpital de Montreuil, ainsi qu’à l’extérieur, dans l’espace public, à l’entrée de l’établissement. Ce double emplacement n’a rien d’anodin. Il traduit une volonté : rendre visibles les survivantes des mutilations sexuelles féminines au cœur même d’un établissement de santé, et plus largement d’un territoire, directement concernés par cette problématique .
Ce choix est d’autant plus pertinent que, selon une étude réalisée sur place, environ 12 % des patientes qui accouchent à la maternité de l’hôpital de Montreuil ont subi des mutilations sexuelles féminines. Installer l’exposition dans les lieux de soins permet donc d’interpeller à la fois les patientes concernées, les professionnel.les de santé et les accompagnant.es, tout en ouvrant un espace de dialogue, de sensibilisation et de déstigmatisation autour d’un sujet souvent tabou.
En exposant ces portraits et témoignages dans un contexte médical, Réparer les vivantes s’inscrit aussi dans une démarche de libération de la parole des concernées. Elle donne une place centrale à la parole des patientes, dans un lieu où leurs corps et leurs psychés sont pris en charge, mais où toutes les composantes de leurs histoires méritent également d’être vues et entendues. À l’extérieur, l’exposition permet d’interpeller les passants en réaffirmant que les mutilations sexuelles féminines ne relèvent pas seulement de l’intime ou du lointain, mais bien d’un enjeu de santé publique et de droits humains.
Retrouvez l’exposition à l’hôpital André Grégoire de Montreuil jusqu’au 18 septembre 2025.
1 Étude de S. Abramowicz, A. Ponzio, Prévalence des femmes victimes de MSF accouchant à l’hôpital André Grégoire à Montreuil dès 25 SA, 2018.