L’excision ou mutilations sexuelles féminines désignent l’ablation totale ou partielle des organes génitaux féminins externes ou toute autre lésion des organes génitaux féminins effectuées pour des raisons non médicales. Les mutilations sexuelles féminines sont une pratique traditionnelle dans plusieurs pays du monde.
Type 1 : ablation partielle ou totale du gland clitoridien
Type 2 : ablation partielle ou totale du gland clitoridien et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres
Type 3 : l’infibulation : rétrécissement de l’orifice vaginal par recouvrement, réalisé en sectionnant et en repositionnant les petites lèvres, ou les grandes lèvres, parfois par suture, avec ou sans ablation du prépuce/capuchon et gland clitoridiens (type 1).
Type 4 : toutes les autres interventions néfastes au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales (par exemple, piquer, percer, inciser, racler et cautériser les organes génitaux)

Les mutilations sexuelles ont de graves répercussions sur la santé des filles et des femmes, au moment de l’excision et/ou tout au long de leur vie.
Le risque hémorragique pouvant entrainer la mort est la conséquence immédiate la plus grave de l’excision. Lors de l’excision, les victimes sont également exposées à des risques d’infections et victimes de douleurs très importantes, la plupart des mutilations étant réalisées sans anesthésie.
D’autres conséquences néfastes peuvent survenir à plus long terme suite à l’excision et peuvent durer tout au long de la vie :
• Conséquences physiques et gynécologiques : infections urinaires et génitales ; complications infectieuses ; douleurs ; complications lors de l’accouchement avec davantage de risque de déchirures et d’épisiotomie, un recours plus récurrent à la césarienne et aux instruments comme le forceps.
• Conséquences sexuelles : absence de plaisir, douleurs lors des rapports sexuels
• Conséquences psychiques : stress post-traumatique, isolement, dépression, troubles anxieux
Les conséquences de l’excision varient selon les femmes et toutes ne vont pas souffrir des mêmes problématiques, selon l’âge, la physiologie de chacune, les conditions et le type d’excision pratiquée.

230 millions de femmes dans le monde sont des survivantes de mutilations sexuelles féminines, elles se retrouvent sur tous les continents. L’excision est une pratique traditionnelle qui ne trouve pas de justification dans la religion et qui n’est pas localisée dans une seule région du monde. Si l’excision est pratiquée particulièrement en Afrique où 144 millions de femmes vivent excisées, elle concerne également 80 millions de femmes en Asie, 6 millions de femmes au Moyen-Orient et est pratiquée plus marginalement par certaines communautés en Amérique Latine ou en Inde.
Les mutilations sexuelles féminies sont des violences sexistes et sexuelles. Elles constituent une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles.
Les mutilations sexuelles féminines portent atteinte :
La plupart des pays condamnent et interdisent les mutilations sexuelles féminines, cependant, les lois ne sont pas toujours appliquées.
Les mutilations sexuelles sont interdites et punies par la loi française.
Les mutilations sexuelles sont qualifiées dans le droit français comme des violences ayant entrainé une mutilation ou infirmité permanente et sont passibles de 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende. Lorsque les mutilations sexuelles sont commises sur un mineur par un ascendant légitime, naturel, adoptif ou tout autre personne ayant autorité sur la victime, elles sont passibles de 20 ans de réclusion criminelle.
Depuis 2013, le droit français punit également de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende le fait d’inciter un mineur à subir une mutilation sexuelle ou le fait d’inciter autrui à commettre une mutilation sexuelle.
Le droit français peut poursuivre toute personne ayant commis des mutilations à l’encontre d’une personne française ou vivant habituellement sur le territoire français même si la mutilation est commise à l’étranger par une personne étrangère.
Les mineures victimes de mutilations sexuelles peuvent porter plainte jusqu’à 20 ans après leur majorité.